CAN 2025 au Maroc : un tournoi aux multiples facettes entre réussites et obstacles
La 35e Coupe d’Afrique des Nations s’est déroulée sous les feux des projecteurs au Maroc, apportant à la fois des moments exaltants et des incidentes qui ont entaché la compétition. Le Sénégal, vainqueur pour la deuxième fois de son histoire, a inscrit ce tournoi dans les annales, malgré une finale marquée par des tensions inédites. À travers les avancées logistiques et sportives du Royaume chérifien, mais aussi les défis rencontrés, cet événement offre une riche matière d’analyse sur l’état du football continental.
Qualité de l’organisation et infrastructures impressionnantes au cœur du succès marocain
Le Maroc a prouvé sa capacité à gérer un événement d’envergure, posant ainsi un jalon fort en vue de la Coupe du Monde 2030. Avec un investissement estimé à 1,4 milliard de dollars dédié aux six stades et près de 10 milliards dans les infrastructures publiques, notamment les transports, le pays a assuré un cadre optimal. Les pelouses impeccables ont favorisé un football de haut niveau, visible dans la qualité des rencontres et la performance des favorites.
Le système de transport, incluant un train à grande vitesse, a facilité la circulation des milliers de fans entre les enceintes sportives, contribuant à une ambiance unique et spectaculaire.
Une couverture médiatique étendue et une audience globale en pleine expansion
La CAN 2025 a bénéficié d’une médiatisation renouvelée, étendant son rayonnement au-delà des frontières africaines jusqu’en Chine, au Brésil et à travers l’Europe. Plusieurs joueurs africains évoluant dans les plus grands clubs européens, comme Sadio Mané ou Riyad Mahrez, ont captivé l’attention d’un public mondial. Ainsi, la France et le Royaume-Uni ont respectivement enregistré plus de 3,4 millions et 1,7 million de téléspectateurs, illustrant l’ampleur de l’intérêt suscité.
Cette visibilité accrue a également consolidé le positionnement de la Confédération africaine de football (CAF) sur le plan économique, avec un chiffre d’affaires en hausse de 90 % par rapport à l’édition précédente, atteignant 192,6 millions de dollars.
Les grandes réussites du tournoi : un troupeau d’atouts confirmés
- ⚽ Des rencontres d’une intensité remarquable sur des terrains irréprochables
- 🌍 Une audience mondiale renforcée, dépassant les attentes dans plusieurs régions
- 🎟️ Une affluence record avec près de 1,34 million de spectateurs au total
- 💰 Des primes records attribuées, le Sénégal empochant 11,6 millions de dollars
Les ombres du tournoi marocain : incidents, arbitrage et billetterie en question
Malgré ces succès, plusieurs événements ont terni cette CAN. La finale, notamment, a été le théâtre d’un arrêt de jeu de 16 minutes suite au retrait temporaire de l’équipe sénégalaise, en protestation contre un penalty controversé en faveur du Maroc. L’altercation a engendré invasions de terrain et échauffourées entre supporters, révélant des faiblesses notables en matière de sécurité.
Les décisions arbitrales, souvent remises en question, ont donné lieu à un sentiment de favoritisme en faveur de la sélection marocaine. La Confédération africaine devra envisager des programmes d’échanges d’arbitres pour accroître la transparence et le professionnalisme, un enjeu crucial pour la crédibilité de la compétition.
Par ailleurs, un épisode révélateur s’est produit lors de certains matchs où des ramasseurs de balles marocains ont été surpris en train d’arracher des serviettes utilisées par les gardiens adverses, un comportement qui a créé une polémique notable et orienté vers le besoin d’une meilleure formation des personnels de terrain, comme souligné dans cet article sur cette affaire des serviettes à la CAN.
Les difficultés liées à la billetterie ont également été source de mécontentements. Bien que tous les billets aient été vendus, plusieurs rencontres de phase de groupes ont affiché des tribunes clairsemées, probablement en raison d’un trafic peu régulé sur le marché secondaire. Ce phénomène a nui à l’ambiance dans certaines enceintes, malgré une moyenne honorables de 21 167 spectateurs par match.
Tableau récapitulatif : points forts et faiblesses de la CAN 2025 au Maroc
| 🔍 Critères | ✅ Succès | ❌ Limites |
|---|---|---|
| Infrastructures | Pelouses parfaites, stades modernes, transport efficace | Coût élevé, exigences futures accrues pour la Coupe du Monde |
| Organisation | Gestion logistique optimale, médiatisation renforcée | Problèmes de sécurité pendant la finale, billetterie insuffisante |
| Sport | Matchs de haut niveau, progression attendue des équipes favorites | Arbitrage contesté, incidents sur le terrain |
| Audience et économie | Augmentation des revenus, primes record, affluence accrue | Inégalités d’accès au stade, gestion du public à améliorer |
Perspectives et enseignements : léguer un héritage durable au football africain
Le Maroc a dévoilé un visage prometteur pour l’accueil de la Coupe du Monde 2030, où il sera l’un des trois pays hôtes aux côtés de l’Espagne et du Portugal. Les infrastructures de la CAN 2025 sont directement appelées à servir les futurs événements internationaux, témoignant du travail accompli en amont.
Pour les nations en préparation de la CAN 2027, telles que le Kenya, la Tanzanie ou l’Ouganda, il s’agira de tirer profit des leçons marocaines afin d’affiner leurs propres dispositifs, notamment en matière de billetterie, de sécurité et d’encadrement des équipes.
Dans ce contexte, l’édition marocaine reste une référence potentielle mais que les prochains pays devront dépasser en qualité d’organisation et d’expérience vécue.
Actions prioritaires pour améliorer les futures éditions de la CAN
- 🛡️ Renforcer les dispositifs de sécurité autour des terrains
- ⚖️ Mettre en place des échanges d’arbitres internationaux pour plus d’équité
- 🎫 Réguler le marché secondaire des billets pour éviter les stades vides
- 🎓 Former les personnels de terrain, notamment les ramasseurs de balles
- 🌐 Capitaliser sur la médiatisation pour attirer de nouveaux partenaires globaux
La CAN 2025 a démontré le potentiel immense du football africain, suscitant un engouement exceptionnel mais soulignant aussi des défis à relever pour sécuriser son avenir.
Pour presque toutes les problématiques rencontrées, des initiatives concrètes sont envisageables, assurant ainsi une relève progressive et qualitative aux organisateurs futurs, tout en valorisant le rôle du Maroc comme acteur clé du sport continental, notamment grâce à des infrastructures comme les stades destinés à la Coupe du Monde 2030.
Quels ont été les principaux succès de la CAN 2025 organisée par le Maroc ?
Le Maroc a brillé grâce à ses infrastructures modernes, une excellente organisation logistique, une affluence en hausse constante et une couverture médiatique mondiale élargie, attirant ainsi un public plus large et générant des revenus records.
Quels incidents majeurs ont marqué la finale de la CAN 2025 ?
La finale a été interrompue pendant 16 minutes en raison du retrait temporaire de l’équipe sénégalaise, mécontente d’un penalty controversé donné au Maroc. Cet épisode a aussi vu des envahissements de terrain et des échauffourées parmi les supporters.
Comment la CAF peut-elle améliorer l’arbitrage lors des prochaines compétitions ?
La Confédération africaine de football pourrait instaurer des programmes d’échange d’arbitres avec d’autres confédérations, afin de renforcer le professionnalisme et la neutralité du corps arbitral, gage indispensable pour une compétition juste.
Pourquoi la billetterie a-t-elle posé problème durant la CAN 2025 ?
Un trafic non régulé sur le marché secondaire a conduit à un déséquilibre entre billets vendus et spectateurs présents, laissant certaines travées vides malgré une forte demande initiale.
En quoi la CAN 2025 peut-elle servir de modèle pour les prochaines coupes ?
Elle offre un cas d’étude précieux sur la nécessité d’allier excellence des infrastructures à une meilleure gestion organisationnelle, notamment en termes de sécurité et de transparence, idéal pour inspirer les pays hôtes futurs.
Ancienne journaliste sportive dans la presse nationale marocaine, Sofia supervise désormais la ligne éditoriale d’AdriGym. Son objectif est d’élever le débat autour de la transformation physique en rendant l’information claire, sourcée et motivante pour tous les publics.

